Une alarme incendie sert à prévenir les occupants qu’ils doivent évacuer. Dans un établissement recevant du public (ERP), son fonctionnement suit le règlement de sécurité incendie, aux articles MS 61 à MS 67. Pour un agent SSIAP (service de sécurité incendie et d’assistance à personnes), l’enjeu est concret : comprendre le signal et réagir dans le bon ordre.
Le paramétrage de la centrale relève de l’installateur et du mainteneur. Votre rôle se situe ailleurs. En poste, vous recevez l’alarme restreinte, vous vérifiez, puis vous faites évacuer si le feu est réel. Cette page reprend ce que disent les textes, sans jargon d’installateur.
Elle s’adresse surtout aux agents déjà titulaires du SSIAP 1 qui visent le poste de chef d’équipe.
Alarme restreinte et alarme générale : le vocabulaire du règlement
L’article MS 61 fixe les mots que vous entendrez au poste de sécurité. Il distingue plusieurs signaux. Chacun a des destinataires différents.
L’alarme restreinte, un signal réservé au service de sécurité
L’alarme restreinte est un signal sonore et visuel. Elle se distingue de l’alarme générale. Elle avertit le poste de sécurité, la direction ou le personnel désigné. Elle indique qu’un sinistre existe et où il se trouve.
Le règlement précise aussi ce que veut dire « exploiter l’alarme restreinte ». Il s’agit de vérifier si le déclenchement est intempestif ou s’il y a un sinistre. Dans ce second cas, l’alarme générale doit partir immédiatement.
L’alarme générale, le signal qui fait évacuer
« Signal sonore ayant pour but de prévenir les occupants d’avoir à évacuer les lieux. »
Cette définition vient de l’article MS 61 du règlement de sécurité ERP. Le même article ajoute que l’alarme générale peut être immédiate ou temporisée. Un signal visuel peut compléter le signal sonore.
L’alarme générale sélective
Certains établissements demandent des précautions particulières pour évacuer. L’article MS 63 vise les personnes avec une incapacité physique et les effectifs très importants. L’alarme générale sélective prévient alors d’abord le personnel désigné. Elle utilise un signal distinct de l’alarme générale.

Les équipements d’alarme, du type 1 au type 4
L’article MS 62 classe les équipements d’alarme en types 1, 2a, 2b, 3 et 4. Le classement suit un ordre de sévérité décroissante. Le type 1 est donc le plus exigeant. Le type 4 est le plus simple.
| Type | Ce que retient le règlement (articles MS 62 à MS 66) |
|---|---|
| Type 1 | Tableau de signalisation surveillé. Alarme restreinte puis alarme générale. Temporisation possible. Déclencheurs manuels sur des boucles séparées des détecteurs automatiques. |
| Types 2a et 2b | Tableau de signalisation surveillé. Alarme restreinte puis alarme générale. Temporisation possible. |
| Type 3 | Blocs autonomes d’alarme sonore (BAAS) de type Ma. Un seul déclencheur fait sonner tous les BAAS du bâtiment. |
| Type 4 | Tout dispositif sonore autonome : cloche, sifflet, trompe, ou BAAS de type Sa avec interrupteur. Pas de temporisation. |
Le type demandé varie selon l’établissement. Les dispositions propres à chaque type d’ERP le précisent. Sur votre site, demandez au responsable de sécurité quel équipement est installé.
Types 1 et 2 : un tableau surveillé et une temporisation possible
Avec un type 1 ou 2, un déclencheur manuel ou un détecteur automatique lance l’alarme restreinte. Le tableau de signalisation reste hors de portée du public. Il est surveillé pendant l’exploitation. Pour le type 1, les déclencheurs manuels sont sur des boucles séparées de celles des détecteurs (article MS 66).
Pour déchiffrer les voyants et les messages, consultez notre article sur la lecture du tableau de signalisation incendie.
Type 3 : des blocs autonomes reliés entre eux
Le type 3 repose sur des BAAS de type Ma. L’article MS 65 pose une règle claire quand le bâtiment en compte plusieurs. Un seul déclencheur manuel doit faire fonctionner tous les BAAS du bâtiment.
Type 4 : le dispositif sonore le plus simple
Pour le type 4, l’article MS 62 admet tout dispositif sonore, à condition qu’il soit autonome. Le texte cite la cloche, le sifflet, la trompe ou un BAAS de type Sa associé à un interrupteur. Seuls les types 1, 2a et 2b peuvent comporter une temporisation. Le type 4 n’en a donc pas.
La temporisation : cinq minutes au maximum
Avec un type 1 ou 2, l’alarme générale peut partir avec un délai. Ce délai laisse au service de sécurité le temps de vérifier. L’article MS 66 encadre ce délai : l’alarme générale se déclenche automatiquement « avec un maximum de cinq minutes après le déclenchement de l’alarme restreinte ».
Cette temporisation a une condition. Pendant la présence du public, l’établissement doit disposer « d’un personnel qualifié pour exploiter immédiatement l’alarme restreinte ». Sans ce personnel, la temporisation n’est pas admise.
Une commande manuelle permet aussi de lancer l’alarme générale sans attendre, zone par zone. Si vous constatez un feu réel, vous n’attendez pas la fin du délai.
Déclencheurs et diffuseurs : ce que vous vérifiez en ronde
L’article MS 65 fixe l’emplacement des déclencheurs manuels. On les trouve dans les circulations, à chaque niveau. Ils sont placés près des escaliers et, au rez-de-chaussée, près des sorties. Leur hauteur est d’environ 1,30 m au-dessus du sol.
Les diffuseurs sonores, BAAS compris, restent hors de portée du public. Ils sont fixés à 2,25 m de hauteur au moins, ou protégés par un obstacle. Un déclencheur masqué par du stock mérite un signalement. Un diffuseur abîmé aussi.
L’article MS 64 demande que l’alarme soit perceptible par les personnes en situation de handicap. Le signal sonore est alors complété par un autre dispositif. En principe, l’alarme générale est donnée bâtiment par bâtiment.
Certains établissements comptent plusieurs zones de mise en sécurité. La diffusion couvre alors au moins la zone de mise en sécurité concernée. Cette zone englobe elle-même la zone de détection.
En poste : vos réflexes face à une alarme restreinte
Pendant la présence du public, l’équipement doit être en veille générale (article MS 67). En l’absence du public et du personnel, il peut se limiter à l’alarme restreinte. Cela suppose que l’établissement puisse exploiter cette alarme.
Face à un signal au tableau, la logique du règlement guide vos gestes. Suivez la consigne écrite de votre site, dans cet ordre général :
- Vous repérez la zone indiquée par le tableau.
- Vous allez vérifier sur place, ou vous faites vérifier par un collègue.
- En cas de feu, vous déclenchez l’alarme générale sans attendre la temporisation.
- Vous assurez ensuite l’alerte et l’accueil des secours, selon la consigne du site.
Le même article MS 67 interdit tout autre signal sonore qui pourrait se confondre avec l’alarme générale. Il demande aussi que le personnel connaisse la signification des signaux. Des exercices complètent cette connaissance si besoin. Notre article sur l’exercice d’évacuation en ERP détaille cette étape.
NF S 61-931 : la norme des SSI et la bonne façon de l’écrire
La norme s’écrit NF S 61-931, avec une espace entre NF et S. NF veut dire norme française. AFNOR, l’organisme français de normalisation, la publie comme norme de dispositions générales sur les systèmes de sécurité incendie (SSI). Son édition en vigueur date de février 2014.
Selon la notice AFNOR, ce texte donne les définitions des SSI, leurs catégories et leurs niveaux d’accès. Pour revoir les catégories, lisez notre article sur les catégories de SSI A, B, C, D et E.
Dans les articles MS 61 à MS 67, le règlement ERP ne cite aucune norme par son numéro. Il renvoie à « la norme visant les équipements d’alarme » et aux normes en vigueur. Pour un agent en poste, ce sont ces articles du règlement qui comptent au quotidien.
Du poste d’agent SSIAP 1 au rôle de chef d’équipe
Comprendre l’alarme devient central quand vous visez le SSIAP 2. L’arrêté du 2 mai 2005 liste les missions des chefs d’équipe des services de sécurité incendie. Parmi elles figure « la direction du poste de sécurité lors des sinistres ».
Lors d’un sinistre, le chef d’équipe dirige donc le poste où arrive l’alarme restreinte. Il doit maîtriser chaque type d’équipement présent sur le site. Les écarts de responsabilités entre niveaux sont détaillés dans notre article SSIAP 2 et SSIAP 3 : quelles responsabilités.
Notre équipe de Montreuil (93) vous renseigne sur les prochaines sessions de formation SSIAP 2.
Questions fréquentes
Quels sont les types d’alarme incendie ?
Le règlement ERP classe les équipements d’alarme en types 1, 2a, 2b, 3 et 4 (article MS 62). Le type 1 est le plus exigeant. Le type 4 peut être un simple dispositif sonore autonome, comme une cloche ou une trompe.
Qu’est-ce qui déclenche l’alarme incendie ?
Avec un type 1 ou 2, un déclencheur manuel ou un détecteur automatique lance d’abord l’alarme restreinte. L’alarme générale suit après vérification, ou automatiquement au bout de cinq minutes au plus. Avec un type 3, un déclencheur manuel fait sonner tous les BAAS du bâtiment. Avec un type 4, une personne actionne le dispositif sonore.
Alerte ou alarme : quelle différence ?
L’alarme prévient les occupants d’avoir à évacuer, selon l’article MS 61. L’alerte consiste à prévenir les secours. L’arrêté du 2 mai 2005 range « l’alerte et l’accueil des secours » parmi les missions du service de sécurité incendie.
Que faire si l’alarme se déclenche sans feu ?
Exploiter l’alarme restreinte veut justement dire vérifier s’il s’agit d’un déclenchement intempestif (article MS 61). Une fois le doute levé, suivez la consigne du site pour la remise en veille. Notez l’événement et signalez-le au responsable de sécurité.
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