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Exercice d’évacuation incendie en entreprise : ce que la loi impose

Article R.4227-39 du Code du travail : l’exercice d’évacuation incendie est obligatoire tous les 6 mois dans la quasi-totalité des entreprises françaises.

En cas de défaut d’exercice et d’accident grave, la faute inexcusable de l’employeur peut être reconnue (article L.452-1 du Code de la sécurité sociale), avec majoration de rente et poursuites pénales possibles.

Ce guide vous explique exactement ce que vous devez faire, à quelle fréquence, comment, et avec quels documents. Plus une option d’accompagnement par FCS Formation si vous souhaitez déléguer l’organisation.

Demander un accompagnement →Nous appeler 01 48 58 54 38

Pourquoi l’exercice d’évacuation est-il vraiment obligatoire ?

L’exercice d’évacuation n’est pas une bonne pratique recommandée. C’est une obligation légale posée par plusieurs textes qui se cumulent.

Le texte de référence : l’article R.4227-39 du Code du travail

« La consigne de sécurité incendie prévoit des essais et visites périodiques du matériel et des exercices au cours desquels les salariés apprennent à reconnaître les caractéristiques du signal sonore d’alarme générale, à localiser et à utiliser les espaces d’attente sécurisés ou les espaces équivalents, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les diverses manœuvres nécessaires.

Ces exercices et essais périodiques ont lieu au moins tous les six mois. Leur date et les observations auxquelles ils peuvent avoir donné lieu sont consignées sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail. »

Cet article s’applique à tout établissement où sont employés des travailleurs. Aucune exception sectorielle, aucun seuil d’effectif. Une PME de 8 salariés est concernée au même titre qu’un grand groupe industriel.

Textes complémentaires
RéglementationCibleApport
Règlement de sécurité ERP (arrêté du 25 juin 1980 modifié)Établissements Recevant du PublicExercices d’évacuation et de mise en sécurité, parfois plus fréquents selon la catégorie d’ERP
Règlement de sécurité IGH (arrêté du 30 décembre 2011)Immeubles de Grande HauteurExercices spécifiques d’évacuation par compartiments
Code de l’éducation (article R.741-7)Établissements scolaires1er exercice dans le mois suivant la rentrée, puis 2 autres dans l’année
Articles L.4121-1 et suivants du Code du travailTout employeurObligation générale de sécurité et de prévention

Concrètement, ce que vous devez faire

Quatre obligations cumulatives à respecter en matière d’exercices d’évacuation :

  • Organiser un exercice général tous les 6 mois minimum (R.4227-39)
  • Maintenir à jour le plan d’évacuation lors de tout changement de configuration des locaux (nouveau mobilier, cloison déplacée, extension)
  • Vérifier annuellement les équipements de sécurité incendie (alarme, BAES, désenfumage, extincteurs)
  • Tenir un registre des exercices à présenter en cas de contrôle de l’inspection du travail

Une infraction sur l’un de ces quatre points expose l’entreprise à des sanctions et fragilise sa défense en cas d’accident.

Quelle fréquence selon votre type d’établissement ?

Tous les établissements ne sont pas soumis aux mêmes obligations. Voici les fréquences minimales applicables en 2026.

Type d’établissementFréquence minimaleRéférence
Entreprise classique (bureaux, commerce, industrie hors ERP)Tous les 6 moisR.4227-39 Code du travail
ERP avec locaux à sommeil (hôtels, hôpitaux, EHPAD)Tous les 6 mois + exercice de nuitRèglement ERP, article MS 51
IGH (Immeuble de Grande Hauteur)Tous les 6 moisArrêté 30 décembre 2011
Établissement scolaire3 fois par an (dont 1 dans le mois de la rentrée)Code de l’éducation R.741-7
Crèche / accueil de la petite enfance2 fois par an minimumRèglement ERP type R

 

Pour les structures complexes (multi-bâtiments, équipes en horaires décalés, télétravail mixte), un exercice global tous les 6 mois ne suffit souvent pas. Il faut prévoir des exercices ciblés par site, par étage ou par équipe pour que tout le monde participe au moins une fois par an.

Comment organiser un exercice d’évacuation : la méthode en 8 étapes

Étape 1 Désigner un responsable d’organisation

Avant l’exercice, désigner un responsable unique : généralement le responsable HSE, le chargé de sécurité site, le coordinateur SSI, ou à défaut le chef d’établissement. C’est lui qui pilote l’ensemble du dispositif.

Pour les sites importants, prévoir des serre-files (1 par étage ou par zone) qui vérifient que personne ne reste sur place. Le serre-file est le dernier à quitter sa zone et signale au responsable qu’elle est vide.

Étape 2 Préparer le scénario

Définir précisément :

  • Le lieu fictif du départ de feu (ne pas toujours choisir le même)
  • L’heure de déclenchement (préférer un horaire de pleine activité pour tester les conditions réelles)
  • Les voies bloquées (un exercice intéressant simule la perte d’une issue de secours)
  • Les rôles confiés aux serre-files, EPI, agent SSIAP éventuel, secouriste SST
  • Le point de rassemblement unique et identifié

L’exercice ne doit pas être annoncé à tout le personnel à l’avance, sinon il perd toute valeur. En revanche, prévenir la direction, les équipes de sécurité et l’éventuel prestataire de télésurveillance pour éviter de déclencher une intervention pompiers inutile.

Étape 3 Informer les parties externes

48h avant l’exercice :

  • Compagnie de télésurveillance : pour qu’elle ne déclenche pas les sapeurs-pompiers
  • Sapeurs-pompiers locaux : information de courtoisie, surtout pour les sites importants
  • Voisins immédiats : si l’évacuation peut générer un attroupement sur la voie publique

Pour les exercices avec mise en œuvre réelle d’extincteurs ou de feu réel encadré, une déclaration préalable en mairie peut être nécessaire selon la commune.

Étape 4 Déclencher l’exercice

Le jour J, déclencher l’alarme générale incendie au moment prévu, sans annonce. Chronométrer immédiatement.

Le responsable d’organisation et les observateurs prennent leurs postes pour évaluer :

  • Le temps total d’évacuation (objectif : moins de 5 minutes pour un site standard, moins de 10 minutes pour un IGH)
  • Le respect des règles : pas de retour en arrière, pas d’ascenseur, pas d’objets personnels
  • Le comportement des salariés (panique, regroupement spontané, hésitations)
  • L’efficacité de la signalétique et des cheminements
Étape 5 Procéder au comptage au point de rassemblement

Une fois tout le monde évacué, chaque chef d’équipe compte ses salariés au point de rassemblement et signale au responsable d’organisation tout absent constaté. Croisement avec le pointage du jour pour identifier qui manque.

C’est l’étape la plus délicate et souvent la plus mal exécutée en exercice réel. Elle doit être travaillée à chaque session.

Étape 6 Levée de l’exercice et retour aux postes

Le responsable annonce la fin de l’exercice (haut-parleur, sirène différente, message ou messager) et autorise le retour aux postes. Vérifier que les BAES (Blocs Autonomes d’Éclairage de Sécurité) sont bien restés allumés pendant toute la durée.

Étape 7 Faire un débriefing à chaud

Dans les 24 à 48 heures suivant l’exercice, organiser un débriefing avec les serre-files et chefs d’équipe pour collecter les observations. Identifier :

  • Les points qui ont bien fonctionné
  • Les difficultés rencontrées
  • Les améliorations à apporter (signalétique, formation EPI, déblayage des issues)
  • Les actions correctives à mettre en place avec un délai
Étape 8 Tracer dans le registre

Consigner systématiquement dans le registre de sécurité incendie :

  • Date et heure de l’exercice
  • Type de scénario simulé
  • Nombre de personnes évacuées
  • Temps total d’évacuation
  • Observations et anomalies
  • Actions correctives décidées et leurs délais
  • Nom du responsable d’organisation

Ce registre est présentable à l’inspection du travail et aux services préventifs des sapeurs-pompiers lors de leurs visites périodiques. Son absence ou son mauvais remplissage est en soi une infraction.

Le registre de sécurité incendie : ce qu’il doit contenir

Le registre de sécurité incendie, prévu par l’article R.4227-39 et le règlement ERP, est le document clé de votre conformité incendie. Il doit être tenu à jour en permanence et présentable sans délai en cas de contrôle.

Contenu obligatoire :

  • Les vérifications périodiques des installations et équipements de sécurité (alarme, désenfumage, BAES, portes coupe-feu, extincteurs, RIA)
  • Les dates et résultats des exercices d’évacuation
  • Les consignes générales et particulières de sécurité incendie
  • Les rapports des organismes de vérification agréés (Apave, Bureau Veritas, Socotec, etc.)
  • Le plan d’évacuation à jour
  • La liste nominative des EPI / ESI / SSIAP / SST formés et leur date de recyclage

Forme : papier ou numérique, peu importe, à condition qu’il soit immédiatement consultable par les autorités de contrôle. Une version 100 % numérique sans copie papier accessible peut poser problème en cas de panne informatique.

Quand l’exercice d’évacuation tourne mal : les pièges fréquents

Quelques erreurs récurrentes observées en entreprise et leurs conséquences.

Erreur 1 Le même scénario depuis 5 ans

Si vos exercices simulent toujours un feu au même endroit, à la même heure, dans les mêmes conditions, vos salariés finissent par anticiper et l’exercice perd toute valeur pédagogique. Variez : lieu, heure, voie bloquée, profil de la victime simulée.

Erreur 2 Pas de comptage au point de rassemblement

C’est l’erreur la plus fréquente. Sans comptage rigoureux, vous ne pouvez pas savoir si quelqu’un est resté à l’intérieur. En cas d’incendie réel, c’est ce qui distingue une évacuation réussie d’un drame.

Erreur 3 L’ascenseur utilisé pendant l’exercice

Le rappel « ne pas utiliser l’ascenseur » doit être hammered à chaque exercice. En situation réelle, l’ascenseur peut s’arrêter sur le palier en feu, électrocuter ses occupants, ou les exposer aux fumées.

Erreur 4 Retour aux postes avant la levée officielle

Certains salariés retournent à leur poste pour récupérer un objet personnel ou par habitude. Cela invalide l’exercice et crée un précédent dangereux. La levée d’exercice doit être annoncée clairement et obligatoirement attendue.

Erreur 5 Registre rempli a posteriori « pour faire propre »

Un registre rempli en bloc plusieurs semaines après l’exercice est un signal d’alerte pour un contrôleur. Tenez-le dans les 48 heures suivant chaque exercice, avec des observations détaillées (et même négatives — c’est l’intérêt de l’exercice).

Sanctions et risques juridiques

Le défaut d’exercice d’évacuation, ou un exercice mal exécuté, expose l’entreprise à plusieurs niveaux de sanction.

Sanctions administratives

  • Procès-verbal de l’inspection du travail pour manquement à l’obligation R.4227-39
  • Mise en demeure assortie de délais pour mise en conformité
  • Amende administrative en cas de récidive ou de manquement caractérisé

Sanctions pénales

L’article L.4741-1 du Code du travail prévoit une amende pouvant atteindre 10 000 € par salarié concerné en cas de manquement aux règles d’hygiène et de sécurité, dont la non-organisation d’exercices d’évacuation. En cas de récidive, le montant peut doubler.

Conséquences en cas d’accident grave

Si un salarié est blessé ou décédé dans un incendie alors que l’entreprise n’a pas respecté l’obligation d’exercice, deux risques majeurs :

  1. Faute inexcusable de l’employeur reconnue plus facilement (article L.452-1 Code de la sécurité sociale) : majoration de la rente versée à la victime ou à ses ayants droit, indemnisation des préjudices personnels
  2. Poursuites pénales pour blessures ou homicide involontaires (articles 221-6 et 222-19 du Code pénal) : amendes pouvant dépasser 75 000 €, peines d’emprisonnement de 1 à 5 ans pour le dirigeant

Conséquences assurantielles

Votre assureur multirisque peut invoquer le manquement à l’obligation d’exercice pour refuser ou réduire son indemnisation en cas de sinistre. Lisez attentivement votre contrat : la clause d’exclusion pour défaut de mesures de prévention est courante.

FCS Formation : accompagnement clé en main pour vos exercices d’évacuation

Organiser un exercice d’évacuation conforme et utile demande du temps, de la méthode et une certaine expertise réglementaire. FCS Formation propose une prestation d’accompagnement clé en main pour les entreprises qui souhaitent déléguer l’organisation.

Notre prestation comprend

  1. Audit préalable de votre site et de votre dispositif actuel (1 demi-journée)
  2. Conception du scénario d’exercice adapté à vos risques et configuration
  3. Animation de l’exercice par un formateur SSIAP 3 / Coordinateur SSI
  4. Observation et chronométrage par des observateurs neutres
  5. Débriefing à chaud avec votre équipe sécurité
  6. Rapport détaillé avec recommandations et actions correctives, prêt à intégrer dans votre registre
  7. Formation complémentaire des serre-files si besoin (en option)

Pour aller plus loin

FAQ Exercice d’évacuation incendie

À quelle fréquence dois-je organiser un exercice d’évacuation dans mon entreprise ?

L’article R.4227-39 du Code du travail impose un exercice au moins tous les 6 mois, soit 2 fois par an minimum, pour toute entreprise employant des salariés. Certains établissements ont des obligations plus strictes : 3 fois par an pour les écoles, exercice de nuit supplémentaire pour les ERP avec locaux à sommeil (hôtels, hôpitaux, EHPAD).

Que se passe-t-il si je n’organise pas d’exercice d’évacuation ?

Vous vous exposez à un procès-verbal de l’inspection du travail avec amende pouvant atteindre 10 000 € par salarié concerné (article L.4741-1 du Code du travail). En cas d’accident grave avec blessés ou décès, la faute inexcusable de l’employeur est facilement reconnue, avec poursuites pénales possibles (homicide ou blessures involontaires) et refus d’indemnisation de votre assureur.

Qui doit organiser l’exercice d’évacuation dans une entreprise ?

C’est le chef d’établissement qui en est juridiquement responsable. Il peut déléguer l’organisation opérationnelle à un responsable HSE, un coordinateur SSI, un agent SSIAP 3 ou un chargé de sécurité site. Pour les structures sans personnel dédié, une prestation externe (comme celle que FCS Formation propose) est la solution la plus simple et la plus opposable.

Faut-il prévenir les salariés avant l’exercice ?

Non, c’est même contre-productif. L’exercice doit simuler le caractère inattendu d’un incendie réel. Vous pouvez prévenir les salariés qu’un exercice aura lieu dans le semestre, mais sans préciser la date exacte. En revanche, prévenez impérativement votre télésurveilleur et la direction 48h avant pour éviter de déclencher une intervention pompiers réelle.

Qu’est-ce que le registre de sécurité incendie doit contenir exactement ?

Le registre contient les vérifications périodiques des équipements, les dates et résultats des exercices d’évacuation, les consignes de sécurité, les rapports des organismes de contrôle, le plan d’évacuation à jour, et la liste des salariés formés EPI, ESI, SSIAP et SST. Il doit être consultable immédiatement par l’inspection du travail ou les sapeurs-pompiers en cas de visite.

Peut-on déléguer l’organisation de l’exercice à un prestataire externe ?

Oui, et c’est même recommandé pour les entreprises qui n’ont pas de responsable HSE dédié. FCS Formation propose une prestation clé en main incluant audit préalable, conception du scénario, animation, observation, débriefing et rapport.

L’exercice doit-il être réalisé pendant les heures de travail ?

Idéalement oui, pour tester les conditions réelles. Si votre entreprise fonctionne en équipes décalées (matin, après-midi, nuit), prévoyez un exercice par équipe sur l’année. Pour les hôtels et autres ERP à sommeil, un exercice de nuit est même obligatoire (règlement ERP article MS 51).

Combien de temps doit durer une évacuation ?

Objectifs indicatifs : moins de 5 minutes pour un bâtiment standard de moins de 5 étages, moins de 10 minutes pour un IGH, moins de 3 minutes pour une crèche ou un établissement scolaire. Au-delà de ces seuils, des actions correctives s’imposent (signalétique, formation, déblayage des cheminements).

Le télétravail mixte change-t-il les obligations ?

Non. Tant qu’il y a des salariés présents physiquement dans vos locaux, même en effectif réduit, l’obligation R.4227-39 s’applique. Vous devez continuer à organiser des exercices au moins tous les 6 mois et tester l’évacuation dans des conditions représentatives de l’occupation réelle.

Mettez votre entreprise en conformité dès maintenant

Chez FCS Formation, nous accompagnons chaque année des dizaines d’entreprises dans l’organisation de leurs exercices d’évacuation, partout en France. Notre équipe est composée de formateurs SSIAP 3 et de coordinateurs SSI expérimentés, capables d’auditer votre situation, de concevoir un scénario réaliste et de rédiger un rapport opposable juridiquement.