Vous êtes agent de sécurité en arrêt maladie, votre médecin vous arrête une semaine. La première question qui vient, et c’est bien normal, c’est : est-ce que je vais quand même être payé ? La réponse n’est pas en un seul mot, parce que votre revenu pendant un arrêt repose sur trois étages qui s’additionnent : la Sécurité sociale, le maintien de salaire de votre employeur, et la prévoyance. Voici comment ça marche concrètement pour un agent de sécurité, et ce que la convention collective vous garantit.
Premier étage : les indemnités de la Sécurité sociale
Quand vous êtes en arrêt maladie, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières. Mais deux limites importantes à connaître.
D’abord, un délai de carence de 3 jours s’applique en cas de maladie ordinaire : la Sécurité sociale ne commence à indemniser qu’à partir du 4e jour d’arrêt. Ces trois premiers jours ne sont pas pris en charge par la Sécu.
Ensuite, le montant. Les indemnités journalières de la Sécurité sociale correspondent à environ la moitié de votre salaire journalier de base, dans la limite d’un plafond. Autrement dit : avec la Sécu seule, vous perdriez à peu près la moitié de votre revenu. C’est précisément là que les deux autres étages entrent en jeu.
Deuxième étage : le maintien de salaire par l’employeur
C’est l’apport le plus important de la convention collective IDCC 1351, et ce qui vous protège vraiment. En complément des indemnités de la Sécurité sociale, votre employeur doit assurer un maintien de salaire, sous conditions.
Les deux conditions à respecter. Pour y avoir droit, vous devez avoir transmis votre arrêt de travail à votre employeur dans un délai de 2 jours, et être affilié au régime général de la Sécurité sociale. Le premier réflexe en cas d’arrêt est donc simple : prévenez votre employeur et envoyez votre justificatif tout de suite, sans attendre.
Comment le montant est calculé. Le salaire pris en compte est celui que vous auriez perçu si vous aviez travaillé, hors primes et indemnités de remboursement de frais. De ce montant, on déduit ce que verse déjà la Sécurité sociale et la prévoyance. En clair, l’employeur complète pour que vous touchiez un pourcentage de votre salaire habituel, indemnités de la Sécu comprises.
Le point clé : tout dépend de votre catégorie et de votre ancienneté. Le montant du maintien et sa durée ne sont pas les mêmes pour tout le monde. La convention renvoie à des annexes précises selon votre statut : l’annexe IV pour les agents d’exploitation, les employés administratifs et les techniciens, qui représentent la grande majorité des agents de terrain ; l’annexe V pour les agents de maîtrise ; l’annexe VI pour les cadres. Dans tous les cas, la règle générale est la suivante : plus votre ancienneté est élevée, plus le maintien de salaire est long et protecteur.
Pour connaître le pourcentage et la durée exacts qui s’appliquent à votre situation, vérifiez votre catégorie et votre coefficient sur votre bulletin, puis reportez-vous à l’annexe correspondante de la convention, ainsi qu’à votre éventuel accord d’entreprise, qui peut prévoir des règles plus favorables. Notre guide de la convention collective de la sécurité privée vous aide à vous repérer, et notre page sur les salaires en sécurité privée 2026 détaille les coefficients par poste.
Maladie ou accident du travail : une différence qui change tout
Attention à ne pas confondre les deux situations, car elles n’ouvrent pas les mêmes droits.
En cas de maladie ordinaire, le délai de carence de la Sécurité sociale s’applique, comme vu plus haut.
En cas d’accident du travail ou d’accident de trajet, la protection est nettement meilleure : il n’y a pas de délai de carence, et la prise en charge est plus favorable. Pour un métier comme le vôtre, avec des rondes, du travail isolé, des interventions et des déplacements entre sites, cette distinction est loin d’être théorique. Si votre arrêt fait suite à un incident survenu dans le cadre du travail, veillez à ce qu’il soit bien déclaré en accident du travail : vos droits n’en seront que mieux protégés.
Troisième étage : la prévoyance, le filet pour les coups durs
C’est un dispositif que beaucoup d’agents ignorent, alors qu’il fait partie des atouts de la branche. La convention collective de la sécurité privée impose la mise en place d’un régime de prévoyance collective, distinct de la mutuelle santé.
Ce régime intervient sur les situations lourdes que le simple maintien de salaire ne couvre pas dans la durée : une incapacité de travail qui se prolonge, une invalidité, ou le décès du salarié, auquel cas des garanties sont prévues pour les proches. Concrètement, si un arrêt se prolonge bien au-delà de la période de maintien de salaire par l’employeur, c’est la prévoyance qui prend le relais pour vous éviter de vous retrouver avec les seules indemnités de la Sécurité sociale.
C’est une protection sociale renforcée que beaucoup d’autres secteurs n’offrent pas au même niveau. Dans un métier exposé, avec des horaires décalés et des conditions parfois difficiles, ce filet de sécurité a une vraie valeur.
Et la mutuelle santé dans tout ça ?
À ne pas confondre avec la prévoyance : la mutuelle santé, ou complémentaire santé, est elle aussi obligatoire dans la branche. Elle rembourse vos frais de santé courants (consultations, médicaments, soins) en complément de la Sécurité sociale. Votre employeur doit en financer au moins la moitié, et l’affiliation est obligatoire sans condition d’ancienneté, sauf cas de dispense. Elle est indépendante de la question de l’arrêt maladie, mais elle fait partie du même ensemble de protections dont vous bénéficiez comme agent.
Les bons réflexes en cas d’arrêt
Pour résumer, quelques réflexes simples protègent vos droits.
Transmettez votre arrêt à votre employeur dans les 2 jours, c’est la condition de base du maintien de salaire. Vérifiez votre catégorie et votre coefficient sur votre bulletin pour savoir quelle annexe s’applique à vous. Consultez votre accord d’entreprise, qui peut être plus favorable que la convention de branche. Si votre arrêt est lié au travail, assurez-vous qu’il est déclaré en accident du travail. Et gardez en tête l’existence de la prévoyance si votre arrêt devait se prolonger.
Un agent qui connaît ces trois étages de protection est un agent qui ne se retrouve pas démuni face à un coup dur. C’est une sécurité réelle, souvent méconnue, qui fait partie des avantages d’un métier encadré par une convention collective protectrice.
Connaître ses droits, ça fait partie du métier
La maîtrise de la convention collective et de vos droits fait partie de ce qu’un bon professionnel doit connaître. Chez FCS Formation, nos stagiaires TFP APS n’apprennent pas seulement les techniques du métier, mais aussi le cadre qui protège leur rémunération, leur santé et leur emploi. Entrer dans le métier en connaissant ses droits, c’est aborder sa carrière avec sérénité.
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Pour un autre volet de la protection sociale des agents, consultez aussi notre article sur la grossesse et les droits de l’agente de sécurité.
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Sources : Code du travail numérique (code.travail.gouv.fr), fiche « Maintien de salaire en cas d’arrêt maladie, entreprises de prévention et de sécurité » (conditions de transmission sous 2 jours, affiliation régime général, base de calcul) · Convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351) : annexe IV article 8 (agents d’exploitation, employés administratifs et techniciens), annexe V article 7 (agents de maîtrise), annexe VI article 8 (cadres), article 7.02 · Code de la sécurité sociale (indemnités journalières, délai de carence de 3 jours en maladie, absence de carence en accident du travail) · Accord de branche du 3 juin 2013 relatif au régime de frais de santé · Régime de prévoyance collective de branche (incapacité, invalidité, décès)