HomeblogSecourisme (SST)Combien de SST faut-il dans une entreprise ? La réponse

Combien de SST faut-il dans une entreprise ? La réponse

C’est la question que pose tout dirigeant confronté à un audit, une visite d’inspection ou simplement un doute : combien de sauveteurs secouristes du travail faut-il former dans mon entreprise ?

La réponse surprend souvent. Le Code du travail ne fixe aucun ratio général. Pas de « un SST pour dix salariés », pas de seuil d’effectif déclenchant une obligation chiffrée. Ce qui existe est plus exigeant, parce que c’est à l’employeur de déterminer le nombre nécessaire et de le justifier.

Ce que dit exactement l’article R4224-15

Le texte est court. Un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d’urgence dans deux situations : chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Le texte précise que les travailleurs ainsi formés ne peuvent remplacer les infirmiers.

Trois observations s’imposent.

D’abord, l’obligation est liée à la nature des travaux, pas à la taille de l’entreprise. Un atelier de trois personnes réalisant des travaux dangereux est concerné. Un bureau de deux cents personnes ne l’est pas au titre de cet article. Les juges ont d’ailleurs déjà eu l’occasion de rappeler que l’exigence de cet article vise les travaux dangereux et ne s’impose pas dans un environnement qui n’en comporte pas.

Ensuite, le texte parle d’un membre du personnel par atelier ou par chantier concerné. C’est un plancher, pas une cible.

Enfin, et c’est l’essentiel, ce n’est pas le seul texte applicable.

L’article qui concerne réellement toutes les entreprises

L’article R4224-16 est celui que la plupart des employeurs ignorent, alors qu’il les vise tous.

En l’absence d’infirmiers, ou lorsque leur nombre ne permet pas d’assurer une présence permanente, l’employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures, prises notamment en liaison avec les services de secours d’urgence extérieurs, doivent être adaptées à la nature des risques. Elles sont consignées dans un document tenu à la disposition de l’inspecteur du travail.

Autrement dit : toute entreprise sans infirmerie permanente, c’est-à-dire l’immense majorité, doit organiser ses premiers secours, formaliser cette organisation par écrit et pouvoir la présenter en cas de contrôle. Le nombre de secouristes formés fait partie de cette organisation.

S’y ajoute l’article R4224-14, qui impose un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible, et surtout l’obligation générale de sécurité de l’article L4121-1, qui oblige l’employeur à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés.

Alors combien ?

La réponse honnête est qu’il n’existe pas de chiffre légal, mais qu’il existe une méthode et des ordres de grandeur.

Un ordre de grandeur revient régulièrement dans la documentation professionnelle et les travaux parlementaires : une proportion de dix à quinze pour cent de l’effectif formé au secourisme, présentée comme la préconisation de l’INRS. Ce n’est pas une norme opposable. C’est un repère utile pour dimensionner un plan de formation, et un argument solide face à un assureur ou à une inspection.

Mais un pourcentage brut ne suffit pas. Le vrai calcul se fait en quatre étapes.

1. Raisonner par site, pas par entreprise

Un SST formé au siège ne secourt personne dans l’entrepôt situé à quarante kilomètres. Chaque site géographiquement distinct doit disposer de sa propre couverture. Une entreprise de cinquante salariés répartis sur trois sites a un besoin très différent d’une entreprise de cinquante salariés réunis en un lieu.

2. Raisonner par tranche horaire

C’est l’erreur la plus fréquente. Une entreprise qui travaille en deux ou trois équipes, ou qui a une activité le week-end, doit disposer de secouristes sur chaque plage horaire. Deux SST présents uniquement en journée laissent l’équipe de nuit sans couverture, ce qui est précisément la situation où les secours extérieurs mettent le plus de temps à arriver.

3. Intégrer les absences

Congés, arrêts, formations, déplacements, turnover : un secouriste formé n’est pas un secouriste présent. Le dimensionnement doit prévoir une marge, sinon la couverture théorique s’effondre au premier mois d’août.

4. Suivre la validité des certificats

Le certificat de sauveteur secouriste du travail est valable vingt-quatre mois. Passé ce délai sans maintien et actualisation des compétences, le salarié n’est plus SST à jour. Une entreprise avec quinze certificats dont huit périmés en compte sept, pas quinze.

Un exemple de dimensionnement

Prenons un entrepôt logistique de soixante salariés, sur un site unique, fonctionnant en deux équipes de trente personnes, avec manutention et engins de manutention.

Le repère de dix à quinze pour cent donne six à neuf salariés à former. Mais la répartition compte autant que le nombre : il faut au minimum trois SST à jour présents sur chaque équipe, ce qui suppose d’en former quatre à cinq par équipe pour absorber les absences. On aboutit à huit à dix salariés formés, avec un plan de recyclage étalé pour éviter que tous les certificats n’arrivent à échéance le même trimestre.

Ce raisonnement, écrit et daté, constitue exactement le document que l’article R4224-16 demande de tenir à disposition de l’inspection du travail.

Ce que vous risquez à sous-dimensionner

Trois niveaux d’exposition.

Le contrôle d’abord : l’inspection du travail peut demander le document formalisant l’organisation des secours et constater son absence ou son inadéquation aux risques identifiés.

L’accident ensuite. En cas de sinistre, l’organisation des secours sera examinée. L’absence de secouriste sur la plage horaire concernée, ou des certificats périmés, pèse directement sur l’appréciation de la faute inexcusable de l’employeur, avec les conséquences financières qui s’y attachent.

L’efficacité enfin, qui est le vrai sujet. Sur un arrêt cardiaque, chaque minute sans geste réduit fortement les chances de survie. Les secours extérieurs mettent en moyenne plus de dix minutes à arriver. Ce délai est celui que vos salariés formés doivent combler.

Au-delà du nombre : cohérence avec vos risques

Un SST bien dimensionné mais mal ciblé ne sert pas à grand-chose. La formation doit être cohérente avec les risques réellement présents, tels qu’ils figurent dans votre document unique.

Un site avec risque électrique combine SST et habilitation électrique. Un site avec risques chimiques suppose que les secouristes connaissent les produits manipulés et les fiches de données de sécurité. Un site recevant du public associe SST et organisation de l’évacuation.

C’est aussi le rôle du référent santé et sécurité au travail, dont la désignation est obligatoire, de piloter cette cohérence d’ensemble. Les évolutions récentes du cadre sont détaillées dans notre article sur les obligations de formation SST.

Former vos équipes

La formation SST initiale se déroule sur deux jours. Le maintien et l’actualisation des compétences, le MAC SST, se réalise ensuite tous les vingt-quatre mois.

Pour former plusieurs salariés, la session intra-entreprise est généralement la solution la plus efficace : elle se déroule sur votre site, sur vos horaires, avec des mises en situation adaptées à vos risques réels. Elle limite aussi l’immobilisation liée aux déplacements.

Côté financement, ces formations sont mobilisables dans le cadre du plan de développement des compétences et peuvent faire l’objet d’une prise en charge par votre OPCO. Nous vous accompagnons sur le montage du dossier.

FCS Formation, centre certifié Qualiopi, à Montreuil (93), à 15 minutes de Paris. Nous intervenons en Île-de-France pour les sessions sur site.

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Questions fréquentes

Existe-t-il un nombre minimum de SST imposé par la loi ?

Pas de ratio général. L’article R4224-15 du Code du travail impose un membre du personnel formé dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et sur chaque chantier employant au moins vingt travailleurs pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Pour les autres situations, c’est l’article R4224-16 qui impose à l’employeur d’organiser les premiers secours de façon adaptée aux risques.

Une entreprise de bureaux doit-elle former des SST ?

Elle n’y est pas tenue au titre de l’article R4224-15, qui vise les travaux dangereux. Elle reste tenue d’organiser les premiers secours en application de l’article R4224-16 et de son obligation générale de sécurité. Former des SST est le moyen le plus simple et le plus reconnu d’y répondre.

D’où vient le chiffre de dix à quinze pour cent de l’effectif ?

C’est un ordre de grandeur repris dans la documentation professionnelle et présenté comme une préconisation de l’INRS. Ce n’est pas une obligation légale, mais un repère de dimensionnement solide.

Combien de temps un certificat SST reste-t-il valable ?

Vingt-quatre mois. Au-delà, le salarié doit suivre un maintien et actualisation des compétences pour rester à jour.

Faut-il un SST par équipe de travail ?

Aucun texte ne l’impose sous cette forme, mais une organisation des secours crédible suppose une couverture sur chaque site et sur chaque plage horaire travaillée. C’est ce que vérifiera un inspecteur du travail, et ce qu’examinera un juge après un accident.

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