HomeblogSecourisme (SST)Brûlure au travail : les bons réflexes selon la gravité

Brûlure au travail : les bons réflexes selon la gravité

Café renversé en cuisine, contact avec une plaque, projection de produit d’entretien, arc électrique sur un tableau : la brûlure fait partie des accidents du travail les plus courants, et c’est aussi l’un de ceux où les mauvais réflexes sont les plus répandus.

La particularité de la brûlure est que la fenêtre d’action est courte. Ce qui est fait dans les premières minutes détermine largement la profondeur de la lésion et la suite du parcours de soins.

Le premier geste est toujours le même

Refroidir, immédiatement. Avant même d’avoir évalué la gravité, avant d’avoir cherché la trousse de secours.

La méthode : faire ruisseler de l’eau du robinet tempérée, entre 15 et 25 degrés, à faible pression, en dirigeant le jet en amont de la brûlure plutôt que directement dessus. L’eau glacée est déconseillée, elle aggrave la douleur et le risque d’hypothermie.

Deux repères de temps à retenir. Le refroidissement doit débuter le plus tôt possible : au-delà d’une trentaine de minutes après la brûlure, il n’a plus d’intérêt. Et il se poursuit jusqu’à disparition de la douleur, ou selon les consignes données par les secours si vous les avez appelés.

Pendant l’arrosage, retirez les vêtements et les bijoux qui n’adhèrent pas à la peau. Une bague sur un doigt brûlé devient un garrot dès que l’œdème s’installe. En revanche, ne tirez jamais sur un tissu collé à la lésion.

Évaluer la gravité

C’est cette évaluation qui détermine la suite. La référence utilisée en secourisme est la paume de la main de la victime, pas celle du sauveteur.

Brûlure simple

Il s’agit d’une rougeur de la peau chez l’adulte, ou d’une cloque dont la surface est inférieure à la moitié de la paume de la main de la victime.

Brûlure grave

Elle se caractérise par au moins un des éléments suivants.

  • Une ou plusieurs cloques dont la surface totale dépasse la moitié de la paume de la main de la victime.
  • Une destruction plus profonde, d’aspect blanchâtre ou noirâtre, parfois indolore. L’absence de douleur n’est pas rassurante, c’est un signe de gravité.
  • Une localisation sur le visage, le cou, les mains, les articulations ou au voisinage des orifices naturels.
  • Une rougeur étendue chez un enfant.
  • Toute brûlure d’origine chimique, électrique ou radiologique, quelle que soit son étendue apparente.

Brûlure simple : la conduite à tenir

Poursuivre le refroidissement jusqu’à disparition de la douleur. Ne jamais percer une cloque : elle constitue une barrière naturelle contre l’infection. Protéger par un pansement stérile.

Un avis médical reste nécessaire dans plusieurs cas : vaccination antitétanique non à jour, apparition dans les jours suivants de fièvre ou d’une zone chaude, rouge, gonflée et douloureuse, ou simplement doute sur la gravité. Chez un nourrisson, une personne âgée ou immunodéprimée, l’avis médical s’impose même pour une brûlure d’apparence modérée.

Brûlure grave : la conduite à tenir

Alerter les secours dès le début de l’arrosage, sans attendre. Le 15 pour le SAMU, le 18 pour les pompiers, le 112 depuis un mobile. Poursuivre ensuite le refroidissement selon leurs consignes.

Installer la victime en position adaptée après le refroidissement : allongée confortablement, ou assise en cas de gêne respiratoire, en laissant si possible la zone brûlée visible et non comprimée. Éviter tout contact de la brûlure avec le sol.

Ne rien appliquer sur la lésion sans avis médical. Ne pas donner à boire. Couvrir la victime après le refroidissement pour prévenir l’hypothermie, qui guette rapidement dès que la surface brûlée est étendue. Puis surveiller en permanence, en parlant à la victime, jusqu’à l’arrivée des secours.

Les trois cas particuliers

Brûlure chimique

Arroser immédiatement et abondamment à l’eau courante tempérée. En cas de projection sur les vêtements ou une grande partie du corps, l’ensemble du corps est concerné. Ôter les vêtements imprégnés en se protégeant soi-même.

Si un œil est atteint, rincer abondamment paupière ouverte, en orientant la tête de manière à ce que l’eau de lavage ne s’écoule pas sur l’autre œil.

Ne jamais chercher à neutraliser un produit par un autre. Conserver l’emballage ou la fiche de données de sécurité et le communiquer aux secours : le nom exact du produit conditionne la prise en charge.

Brûlure électrique

Elle est toujours considérée comme grave, même quand la lésion visible est minime. Le courant traverse le corps et les lésions internes sont sans rapport avec l’aspect de la peau.

Ne jamais toucher la victime avant d’avoir supprimé le risque, c’est-à-dire coupé l’alimentation. Arroser ensuite la zone visiblement brûlée, alerter, et appliquer les consignes. Une surveillance médicale s’impose systématiquement, y compris si la personne se dit indemne.

Ingestion ou inhalation

En cas d’ingestion d’un produit chimique, ne jamais faire vomir et ne rien donner à boire. Alerter le 15 et suivre les consignes. Une brûlure du visage ou une inhalation de fumée fait craindre une atteinte des voies respiratoires : c’est une urgence, même sans lésion cutanée impressionnante.

Ce qu’on ne fait jamais

  • Appliquer du beurre, de l’huile, du dentifrice, de la pommade ou un corps gras quelconque.
  • Poser de la glace ou un pack réfrigérant directement sur la peau.
  • Percer une cloque.
  • Décoller un vêtement adhérent à la lésion.
  • Donner à boire à une victime de brûlure grave.
  • Minimiser une brûlure électrique parce qu’elle ne se voit pas.

Après l’urgence : les obligations de l’employeur

Une brûlure survenue au travail est un accident du travail. Le salarié en informe son employeur dans les vingt-quatre heures, sauf cas de force majeure. L’employeur déclare l’accident à la caisse primaire d’assurance maladie dans les quarante-huit heures suivant le jour où il en a eu connaissance.

Les accidents sans arrêt ni soins médicaux peuvent, sous certaines conditions, être consignés dans un registre dédié plutôt que déclarés. Les conditions à remplir se vérifient auprès de la CARSAT.

Reste l’essentiel du point de vue de la prévention : chaque brûlure doit alimenter l’analyse des risques et la mise à jour du document unique. Un accident répété au même poste signale un problème d’organisation, pas de maladresse.

Ces gestes s’apprennent, ils ne s’improvisent pas

Lire une conduite à tenir ne remplace pas la pratique. La formation Sauveteur Secouriste du Travail fait travailler ces gestes en situation, avec les autres urgences rencontrées en entreprise, et se maintient par le MAC SST.

Pour les entreprises exposées aux risques thermiques, chimiques ou électriques, la session intra-entreprise permet de former une équipe complète sur site. Le risque électrique fait par ailleurs l’objet d’une habilitation dédiée.

FCS Formation, centre certifié Qualiopi, à Montreuil (93), à 15 minutes de Paris. Demandez un devis ou appelez le 01 48 58 54 38. Réponse sous 24 heures.

En cas de doute sur une brûlure, appelez le 15. Un avis vaut toujours mieux qu’une estimation.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il arroser une brûlure ?

Jusqu’à disparition de la douleur pour une brûlure simple, ou selon les consignes des secours pour une brûlure grave. Le refroidissement doit commencer le plus tôt possible : au-delà d’une trentaine de minutes après la brûlure, il perd son intérêt.

Faut-il utiliser de l’eau froide ou glacée ?

De l’eau tempérée, entre 15 et 25 degrés, à faible pression. L’eau glacée augmente la douleur et le risque d’hypothermie.

Comment savoir si une brûlure est grave ?

Elle est grave si les cloques dépassent la moitié de la paume de la main de la victime, si la peau présente un aspect blanchâtre ou noirâtre, si la localisation touche le visage, le cou, les mains, les articulations ou les orifices naturels, ou si l’origine est chimique, électrique ou radiologique.

Peut-on percer une cloque ?

Non. La cloque protège la plaie de l’infection. Elle se protège par un pansement stérile et se laisse intacte.

Une brûlure électrique sans plaie visible est-elle sans danger ?

Non. Le courant traverse le corps et peut provoquer des lésions internes sans rapport avec l’aspect de la peau. Toute brûlure électrique est considérée comme grave et impose une prise en charge médicale.

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