HomeblogSecourisme (SST)Arrêt cardiaque : reconnaître et agir avant les secours

Arrêt cardiaque : reconnaître et agir avant les secours

L’arrêt cardiaque tue chaque année plusieurs dizaines de milliers de personnes en France, avec un taux de survie qui reste très faible. Ce n’est pas un problème de médecine : c’est un problème de délai.

Les secours mettent en moyenne plus de dix minutes à arriver. Or on estime que chaque minute écoulée sans geste fait perdre environ dix pour cent de chances de survie. Ces dix premières minutes n’appartiennent pas aux professionnels. Elles appartiennent aux personnes présentes.

Reconnaître un arrêt cardiaque en dix secondes

Le diagnostic tient à trois constats, et il doit être posé vite.

  • La victime ne répond pas. Elle ne réagit ni à la parole, ni à une stimulation simple comme une pression sur l’épaule.
  • Elle ne respire pas normalement. Après avoir libéré les voies aériennes en basculant doucement la tête en arrière et en soulevant le menton, on regarde le thorax, on écoute, on sent le souffle. Dix secondes suffisent.
  • Elle est le plus souvent effondrée, parfois après une chute brutale et sans signe annonciateur.

Le piège des gasps

C’est l’erreur qui coûte le plus de vies. Dans les premières minutes, la victime peut présenter des mouvements respiratoires anormaux : bruyants, irréguliers, très espacés, parfois accompagnés de sons rauques. On les appelle gasps.

Ce ne sont pas des respirations. Ce sont un signe d’arrêt cardiaque. Beaucoup de témoins les interprètent comme un souffle qui revient et attendent, en perdant les minutes décisives.

La règle est simple : en cas de doute sur la respiration, considérez que la victime est en arrêt cardiaque et agissez.

La chaîne de survie

Quatre maillons, dans cet ordre, chacun inutile sans le précédent.

  1. Reconnaître l’arrêt et alerter immédiatement.
  2. Commencer la réanimation cardio-pulmonaire sans délai.
  3. Défibriller le plus tôt possible.
  4. Laisser les secours prendre le relais pour la prise en charge médicalisée.

Les trois premiers maillons dépendent entièrement des témoins. C’est toute la raison d’être de la formation au secourisme en entreprise.

Alerter efficacement

Appelez ou faites appeler le 15 pour le SAMU, le 18 pour les sapeurs-pompiers, ou le 112 depuis un téléphone mobile. Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent joindre le 114 par SMS.

Si vous êtes seul, alertez d’abord, en activant le haut-parleur du téléphone, puis commencez immédiatement le massage. Le régulateur vous guidera pendant que vous massez.

Quatre informations à donner sans attendre qu’on vous les demande : le lieu précis avec les indications d’accès, ce qui s’est passé, l’état de la victime, et la présence ou non d’un défibrillateur à proximité. Ne raccrochez jamais le premier.

Si d’autres personnes sont présentes, désignez-les nommément. Un ordre adressé à tout le monde n’est adressé à personne : dites « vous, en veste bleue, allez chercher le défibrillateur à l’accueil et revenez ».

Le massage cardiaque

C’est le geste central. Il maintient une circulation minimale vers le cerveau et le cœur en attendant la défibrillation.

La position

Victime allongée sur le dos, sur un plan dur. Dégagez la poitrine. Placez le talon d’une main au centre du thorax, sur la moitié inférieure du sternum, l’autre main par-dessus, doigts relevés pour ne pas appuyer sur les côtes.

Bras tendus, coudes verrouillés, épaules à l’aplomb des mains. La force vient du poids du corps, pas des bras. C’est ce qui permet de tenir dans la durée.

Le geste

Comprimez fermement, à raison de cent à cent vingt compressions par minute, en laissant la poitrine remonter complètement entre chaque compression. Le relâchement compte autant que la compression : c’est pendant cette phase que le cœur se remplit.

Deux points souvent négligés. La profondeur doit être suffisante : un massage trop timide ne fait rien circuler. Et les interruptions doivent être réduites au strict minimum, uniquement pour la pose des électrodes du défibrillateur et pendant l’analyse.

Le massage est physiquement épuisant. Si plusieurs personnes sont présentes, relayez-vous toutes les deux minutes environ, en préparant le relais pour qu’il se fasse en une ou deux secondes.

Faut-il souffler ?

La conduite de référence associe trente compressions à deux insufflations, en alternance.

Mais si vous n’êtes pas formé aux insufflations, si vous ne disposez pas de protection, ou si vous ne vous sentez pas de le faire, réalisez des compressions seules, sans interruption. Un massage continu vaut infiniment mieux qu’un massage retardé par l’hésitation.

Le défibrillateur

Dès que l’appareil arrive, mettez-le en marche et suivez ses instructions vocales. Il analyse le rythme et ne délivre un choc que si celui-ci est indiqué. Il est donc impossible de provoquer un choc inutile.

Pendant l’analyse, personne ne touche la victime. Après le choc, le massage reprend immédiatement, sans attendre de constater un résultat. Les électrodes restent en place et l’appareil reste allumé jusqu’à l’arrivée des secours.

Le massage ne s’interrompt jamais pendant qu’on va chercher l’appareil : ce sont deux tâches, pour deux personnes quand c’est possible.

Trois situations particulières

Chez l’enfant et le nourrisson, l’arrêt est le plus souvent d’origine respiratoire. La conduite débute par cinq insufflations avant les compressions, dont la profondeur est adaptée à la taille du thorax. Les défibrillateurs disposant d’électrodes pédiatriques ou d’un mode enfant doivent être utilisés dans cette configuration.

En cas d’électrisation, ne touchez jamais la victime avant d’avoir supprimé le risque, c’est-à-dire coupé l’alimentation. Un sauveteur électrisé devient une seconde victime et personne ne masse plus. C’est l’une des raisons pour lesquelles le risque électrique fait l’objet d’une habilitation dédiée en entreprise.

En cas de noyade, la conduite privilégie également des insufflations initiales, l’origine de l’arrêt étant respiratoire.

Jusqu’à quand continuer

Jusqu’au relais par les secours, jusqu’à ce que la victime reprenne une respiration normale, ou jusqu’à l’épuisement complet du ou des sauveteurs.

Si la respiration redevient normale, installez la victime sur le côté en position latérale de sécurité, laissez les électrodes en place, et surveillez en permanence. Un arrêt peut récidiver en quelques minutes.

Les freins qui coûtent des vies

Trois blocages reviennent systématiquement chez les témoins.

La peur de mal faire. Un massage imparfait vaut infiniment mieux que l’absence de massage. Une victime en arrêt cardiaque non massée n’a aucune chance. Vous ne pouvez pas aggraver son état.

La peur de casser une côte. Cela arrive, notamment chez les personnes âgées. Ce n’est pas un critère d’arrêt du geste. Une côte se soigne, un cerveau privé d’oxygène ne se répare pas.

La crainte de conséquences juridiques. Le droit français sanctionne l’abstention volontaire de porter secours, pas le geste accompli de bonne foi pour tenter de sauver une vie. Le risque juridique est de ne rien faire.

Ces gestes s’apprennent en deux jours

Lire ne remplace pas la pratique. La différence entre une personne informée et une personne formée se joue sur les vingt premières secondes : reconnaître sans douter, alerter sans chercher ses mots, commencer sans hésiter.

La formation Sauveteur Secouriste du Travail fait travailler ces gestes sur mannequin et sur défibrillateur de formation, avec les autres urgences rencontrées en entreprise. Le certificat se maintient par le MAC SST tous les vingt-quatre mois.

Pour une sensibilisation plus courte de l’ensemble d’un effectif, la formation aux gestes qui sauvent constitue une première marche. Et pour équiper une organisation entière, la session intra-entreprise se déroule sur votre site, à l’endroit exact où vos salariés auront à agir.

FCS Formation, centre certifié Qualiopi, à Montreuil (93), à 15 minutes de Paris. Consultez les prochaines sessions ou appelez le 01 48 58 54 38. Réponse sous 24 heures.

Questions fréquentes

Comment savoir si une personne est en arrêt cardiaque ?

Elle ne répond pas, ne réagit pas et ne respire pas normalement. Des mouvements respiratoires bruyants, irréguliers et très espacés ne sont pas des respirations : ce sont des gasps, et ils signent l’arrêt cardiaque.

À quel rythme masser ?

Entre cent et cent vingt compressions par minute, au centre du thorax, en laissant la poitrine remonter complètement entre chaque compression et en limitant au maximum les interruptions.

Faut-il faire du bouche-à-bouche ?

La conduite de référence alterne trente compressions et deux insufflations. Si vous n’êtes pas formé, si vous n’avez pas de protection ou si vous ne le souhaitez pas, réalisez des compressions seules en continu.

Peut-on aggraver l’état d’une victime en la massant ?

Non. Une victime en arrêt cardiaque non massée n’a aucune chance de survie. Une fracture de côte reste une complication mineure au regard de l’enjeu.

Que faire si la victime se remet à respirer ?

Installez-la en position latérale de sécurité, laissez les électrodes du défibrillateur en place, et surveillez sa respiration en permanence jusqu’à l’arrivée des secours.

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