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Agents de sécurité piégés par des tiktokeurs : que faire

Depuis quelques mois, un type de vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Un créateur de contenu entre dans un magasin, déclenche volontairement les portiques antivol, ressort, recommence, puis refuse tout contrôle quand l’agent de sécurité l’interpelle. Il tutoie, réclame le numéro CNAPS de l’agent, filme en gros plan, et attend une seule chose : que l’agent perde son calme. Ce moment de tension est le produit fini. Plus la réaction est vive, plus la vidéo circule.

Si vous exercez déjà comme agent de sécurité, ou si vous envisagez une reconversion dans ce métier, ce phénomène mérite d’être compris. Parce que le piège tendu par ces vidéos n’est presque jamais juridique. Il est comportemental.

Une provocation pensée pour la caméra

Ces mises en scène ne cherchent pas à voler ni à passer inaperçues, au contraire. Le but est de fabriquer une réaction. Le provocateur arrive souvent préparé, avec des arguments à moitié vrais sur ce qu’un agent aurait ou non le droit de faire, parfois glanés sur une intelligence artificielle (IA). L’idée reçue du moment, par exemple, veut que présenter son ticket de caisse ne soit pas obligatoire, ce qui est exact, mais sert ici à déstabiliser l’agent plutôt qu’à défendre un droit.

Autrement dit, la personne en face connaît parfois mieux les règles que l’agent ne s’y attend. Vouloir gagner le débat juridique devant la caméra est donc perdu d’avance : ce n’est pas le terrain sur lequel l’agent doit se placer.

Le vrai piège n’est pas le droit, c’est la réaction

Sur le fond, les questions de droit sont déjà tranchées, et FCS Formation les détaille dans deux articles dédiés : ce que la loi autorise réellement lors d’un contrôle des sacs et du ticket, et la question de savoir s’il est légal de filmer un agent de sécurité. Ces points sont importants, mais ils ne sont pas le coeur du problème.

Le coeur du problème, c’est l’attitude. Un agent se fait piéger le jour où il tutoie en retour, hausse le ton, insulte, ou pire, tente d’arracher le téléphone ou de porter la main sur la personne. C’est ce geste de trop qui est monté, diffusé, et retenu contre lui. À cet instant, l’agent devient le contenu, et il expose aussi son employeur.

Rester dans le cadre, et dans le calme

La bonne réponse tient en quelques réflexes simples, qui sont ceux d’un professionnel maîtrisant sa déontologie. Vouvoyer systématiquement, quel que soit le ton d’en face. Rester courtois et bref, sans se justifier à l’excès. Ne jamais toucher au téléphone ni à la personne. S’en tenir strictement à ses prérogatives, qui reposent sur la demande et non sur la contrainte. Et faire appel à sa hiérarchie ou aux forces de l’ordre si la situation l’exige.

Dans le concret, cela suit une gradation simple. L’agent demande calmement, en invitant la personne à présenter son ticket ou son sac, tout en rappelant qu’elle reste libre de refuser. En cas de refus, il ne s’entête pas et ne bloque pas le passage : il se retire, informe sa hiérarchie ou la direction du magasin, et ne sollicite les forces de l’ordre qu’en présence d’un motif réel, comme un vol constaté. Une distance maintenue, les mains visibles, une voix posée et des phrases courtes privent la vidéo de la scène qu’elle recherche. Le provocateur vit de l’engagement : plus l’échange est bref, moins il a de matière à monter.

Prenez la demande insistante du numéro CNAPS, devenue un classique de ces vidéos. L’obligation de présenter sa carte professionnelle, et donc son numéro d’agrément, vaut à l’égard d’un contrôleur du CNAPS ou des forces de l’ordre, pas à l’égard d’un particulier qui l’exige. L’agent n’a donc pas à céder à la sommation ni à en faire un sujet d’affrontement, rester factuel, bref et courtois, en rappelant que le numéro CNAPS est destiné à être présenté au CNAPS ou à la Police pas au usagers suffit. Pour les techniques de désamorçage plus générales, nous y revenons dans notre article sur la gestion des conflits pour un agent de sécurité.

Filmé puis diffusé : des recours existent

Être filmé dans l’exercice de ses fonctions n’est pas illégal en soi. En revanche, si une vidéo est diffusée dans le but de nuire, avec un montage trompeur, des propos dénigrants ou une atteinte à la vie privée, l’agent et l’entreprise ne sont pas démunis. Un dépôt de plainte est possible, et le droit à l’image comme le dénigrement peuvent être invoqués selon les cas. La règle de conduite reste la même en amont : moins l’agent offre de prise sur le moment, moins la vidéo a de valeur.

Garder son sang-froid est devenu une compétence du métier

Ce qui se joue ici dépasse l’anecdote. Face à la banalisation de ces provocations, la maîtrise de soi et la connaissance précise de son cadre d’intervention ne sont plus des qualités secondaires, ce sont des compétences centrales de l’agent de sécurité. Elles s’apprennent, au même titre que les gestes du terrain.

C’est précisément ce que couvre la formation qui mène à la carte professionnelle, le TFP APS (titre à finalité professionnelle d’agent de prévention et de sécurité) : le droit qui encadre chaque intervention, la déontologie, et la gestion des situations conflictuelles. Chez FCS Formation, à Montreuil (93), proche Paris, cette dimension fait partie intégrante du parcours. Pour en savoir plus, découvrez notre formation d’agent de sécurité (APS).