HomeblogSécurité incendie (SSIAP)Lexique sécurité incendie : les sigles SSIAP expliqués

Lexique sécurité incendie : les sigles SSIAP expliqués

La sécurité incendie utilise beaucoup de sigles. SSI, CMSI, DAS, RIA : vous les croisez dès la formation SSIAP (service de sécurité incendie et d’assistance à personnes), puis chaque jour en poste. Ce lexique les explique avec des mots simples.

Chaque définition s’appuie sur le règlement de sécurité des ERP (établissements recevant du public) et sur les guides de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité). Les entrées sont classées par thème.

Vous trouvez d’abord le système de sécurité incendie et ses organes. Viennent ensuite les moyens d’extinction, les types d’alarme et les zones. La fin du lexique réunit les notions de bâtiment et les sigles du métier.

AES, l’alimentation électrique de sécurité

AES signifie alimentation électrique de sécurité. C’est la source d’énergie qui prend le relais quand le courant normal du bâtiment s’arrête. Elle alimente les équipements de sécurité incendie. Sans elle, le système tomberait en panne au pire moment, pendant un incendie ou une coupure de courant.

L’INRS range les AES parmi les composants du SSI le plus complet, celui de catégorie A. L’AES alimente le centralisateur de mise en sécurité incendie et les dispositifs qu’il commande. Son autonomie dépend de l’installation. Demandez la valeur exacte au responsable du site.

Le système de sécurité incendie et ses composants

SSI (système de sécurité incendie) : l’ensemble des matériels qui collectent les informations liées au feu, les traitent et mettent l’établissement en sécurité. Cette mise en sécurité peut inclure le compartimentage, l’évacuation, le désenfumage et l’extinction automatique. Elle peut aussi arrêter certaines installations techniques. Le règlement classe les SSI en cinq catégories, de A (la plus exigeante) à E (article MS 53).

SDI (système de détection incendie) : la partie qui détecte le feu. Elle regroupe les détecteurs automatiques, les déclencheurs manuels et un tableau de signalisation. Ce tableau est placé hors de la zone surveillée, pour rester accessible aux secours.

ECS (équipement de contrôle et de signalisation) : le tableau du SDI. Il reçoit les signaux des détecteurs et localise le début d’incendie. Il renvoie aussi les alarmes sonores et visuelles. Pour vous exercer, suivez notre guide pour lire un tableau de signalisation incendie.

UAE (unité d’aide à l’exploitation) : un équipement facultatif du SSI de catégorie A. L’INRS la place du côté de la détection et de la signalisation, à côté de l’ECS. Comme son nom l’indique, elle aide le personnel à exploiter les informations du système.

SMSI (système de mise en sécurité incendie) : la partie qui agit une fois le feu signalé. Il réagit aux informations du SDI, quand il existe, ou à une commande manuelle. Il comprend les DAS et les équipements qui les commandent (article MS 59).

CMSI (centralisateur de mise en sécurité incendie) : le cœur du SMSI. Il reçoit les ordres et commande les dispositifs de mise en sécurité. Dans un SSI de catégorie A ou B, il doit porter la marque NF (article MS 59).

US (unité de signalisation) : la partie du CMSI qui surveille les organes commandés et leurs liaisons avec le centralisateur.

UCMC (unité de commandes manuelles centralisées) : les commandes manuelles regroupées dans le CMSI. L’agent s’en sert pour actionner les dispositifs à la main.

UGA (unité de gestion d’alarme) : l’élément qui pilote l’alarme générale d’évacuation. Elle est reliée au SDI ou au CMSI et aux diffuseurs sonores répartis dans le bâtiment.

UGCIS (unité de gestion centralisée des issues de secours) : l’unité qui gère les issues de secours depuis un seul point. Le règlement impose leur déverrouillage dès le déclenchement de l’alarme générale (article MS 60).

Les organes de détection et de mise en sécurité

DM (déclencheur manuel) : le boîtier d’alarme, le plus souvent rouge, que l’on actionne à la main pour signaler un départ de feu. Le règlement les place dans les circulations, à chaque niveau, près de chaque escalier. Au rez-de-chaussée, ils se trouvent près des sorties, à environ 1,30 mètre du sol (article MS 65).

DAS (dispositif actionné de sécurité) : tout dispositif commandé qui réalise une action de mise en sécurité. L’INRS cite les volets, les clapets coupe-feu et les portes coupe-feu. Un exutoire de désenfumage qui s’ouvre est aussi un DAS. Dans un SSI de catégorie D ou E, l’alarme ne peut commander que deux DAS. Il s’agit des portes coupe-feu à fermeture automatique et du déverrouillage des issues de secours (article MS 60).

DAD (détecteur autonome déclencheur) : un détecteur qui détecte le feu et commande lui-même un dispositif, souvent la fermeture d’une porte coupe-feu. Il ne passe pas par un système central.

DAAF (détecteur avertisseur autonome de fumée) : le détecteur de fumée autonome, avec sa propre sirène, que l’on installe dans les logements.

BAES (bloc autonome d’éclairage de sécurité) : un bloc d’éclairage à batterie qui prend le relais en cas de coupure. Il éclaire les cheminements et les sorties. Selon l’INRS, l’autonomie des blocs d’éclairage de sécurité doit dépasser une heure.

BAAS (bloc autonome d’alarme sonore) : un diffuseur d’alarme qui a sa propre source d’énergie. Le type Ma (manuel) sert dans les sites sans personnel qualifié pour gérer l’alarme restreinte. Le type Pr (principal) sert de tableau de contrôle quand ce personnel existe. Le type Sa (satellite) diffuse le son, piloté par une UGA ou par un bloc Pr.

DENFC (dispositif d’évacuation naturelle de fumées et de chaleur) : un ouvrant, en toiture ou en façade, qui s’ouvre pour évacuer les fumées et la chaleur. Les deux techniques sont expliquées dans notre article sur le désenfumage naturel et mécanique.

Les moyens d’extinction : RIA, colonnes et sprinkleur

Le règlement des ERP liste les moyens d’extinction possibles (article MS 4). On y trouve les extincteurs, appelés appareils mobiles, et les RIA. La liste comprend aussi les colonnes sèches et humides, et les installations d’extinction automatique. Les extincteurs ont leurs propres règles de contrôle, détaillées dans notre article sur l’entretien des extincteurs.

RIA (robinet d’incendie armé) : un poste d’incendie fixe, relié au réseau d’eau, avec un tuyau semi-rigide et une lance. Le règlement les désigne par leur diamètre : DN 19/6, DN 25/8 ou DN 33/12. Ils portent une numérotation en une série unique. On les place à l’intérieur des bâtiments, au plus près des locaux à protéger. Une armoire de RIA doit être signalée et ne comporter aucun dispositif de condamnation (articles MS 14 et MS 15).

Colonne sèche : une tuyauterie fixe et rigide, vide d’eau en temps normal. On la trouve surtout dans les escaliers des bâtiments à nombreux étages. Chaque niveau dispose d’une prise précédée d’un robinet d’isolement. Les sapeurs-pompiers raccordent leurs tuyaux en bas, sur la façade, pour amener l’eau dans les étages.

Dans un ERP, la colonne sèche est obligatoire dans un cas précis. Des locaux à risques importants se trouvent dans des étages à plus de 18 mètres de la voie des engins de secours (article MS 18). Ses raccords d’alimentation doivent être signalés et faciles d’accès pour les pompiers (article MS 19).

Colonne humide, aussi appelée colonne en charge : une tuyauterie fixe déjà remplie d’eau. Une réserve, un surpresseur ou une pompe l’alimente en permanence. Le règlement peut l’imposer dans certains grands établissements (articles MS 22 et MS 23). La différence avec la colonne sèche tient donc à l’eau, présente en continu.

Sprinkleur (système d’extinction automatique à eau) : un réseau de tuyaux sous plafond, équipé de têtes. Selon l’INRS, il détecte un foyer, donne l’alarme et éteint le feu à ses débuts. À défaut, il le contient jusqu’à l’arrivée des secours. Chaque tête porte un fusible ou une ampoule qui se rompt sous l’effet de la chaleur, entre 57 °C et 343 °C selon le modèle.

Le règlement des ERP peut exiger un sprinkleur dans tout ou partie d’un établissement. Une entreprise spécialisée et qualifiée doit le réaliser (article MS 25). Le rôle de l’agent face à cette installation est décrit dans notre article sur le sprinkler incendie.

Les types d’alarme, du type 1 au type 4

Alarme générale : le signal sonore qui ordonne aux occupants d’évacuer. Elle peut être immédiate ou temporisée. Un signal visuel la complète dans certains cas.

Alarme restreinte : un signal sonore et visuel, distinct de l’alarme générale. Il prévient le poste de sécurité, la direction ou le personnel désigné. Il indique aussi l’endroit du sinistre. Exploiter l’alarme restreinte, c’est vérifier s’il s’agit d’un vrai feu ou d’un déclenchement intempestif. S’il y a un feu, vous déclenchez aussitôt l’alarme générale (article MS 61).

Les équipements d’alarme sont classés en quatre types, du plus exigeant au plus simple (article MS 62) :

  • Type 1 : il est lié à une détection automatique d’incendie. Une UGA pilote des sirènes ou des BAAS de type Sa.
  • Types 2a et 2b : l’alarme part des déclencheurs manuels. Le type 2a passe par une UGA, le type 2b par un BAAS de type Pr.
  • Type 3 : des BAAS de type Ma reliés entre eux. Un seul déclencheur manuel fait sonner tous les blocs du bâtiment (article MS 65).
  • Type 4 : tout dispositif sonore autonome, comme une cloche, un sifflet ou une trompe.

Seuls les types 1, 2a et 2b comportent une temporisation. Le type exigé dépend du type d’ERP et de sa catégorie. Notre article sur l’alarme incendie détaille les gestes de l’agent quand elle se déclenche.

Les zones de sécurité incendie

ZD (zone de détection) : une partie du bâtiment surveillée par un ensemble de détecteurs ou de déclencheurs manuels. Ils sont rattachés à une même signalisation sur l’ECS (article MS 54).

ZDA (zone de diffusion d’alarme, parfois notée ZA) : une zone dans laquelle l’alarme générale d’évacuation est diffusée en même temps.

ZS (zone de mise en sécurité) : une zone que le SMSI peut mettre en sécurité, par une ou plusieurs fonctions.

ZC (zone de compartimentage) : une zone de mise en sécurité dédiée au compartimentage. Le but est d’isoler un volume pour freiner la propagation du feu.

Ces zones s’emboîtent. Chaque zone de diffusion d’alarme englobe une ou plusieurs zones de mise en sécurité. Chaque zone de mise en sécurité englobe à son tour une ou plusieurs zones de détection (article MS 55).

Les notions de bâtiment et le poste de sécurité

ERP (établissement recevant du public) : tout bâtiment ou local qui accueille du public. Il suit une réglementation incendie propre à son activité et à son effectif.

IGH (immeuble de grande hauteur) : un immeuble dont la hauteur dépasse un seuil fixé par la réglementation. Il impose des mesures de sécurité incendie renforcées. Son règlement de sécurité est fixé par l’arrêté du 30 décembre 2011. Selon l’INRS, son SSI est de catégorie A avec option IGH.

PC sécurité (poste central de sécurité) : le local réservé au personnel de sécurité incendie. Le règlement des ERP le nomme poste de sécurité (article MS 50). Il reçoit les alarmes restreintes et abrite les commandes manuelles d’alarme et de désenfumage. Quand des agents de sécurité incendie assurent le service, une personne au moins l’occupe en permanence.

L’antidéflagrant

Antidéflagrant : qualifie un matériel, le plus souvent électrique, conçu pour contenir une explosion dans son enveloppe. Il empêche l’explosion de se propager à l’atmosphère explosive autour de lui. On l’utilise dans les locaux où existe un risque d’explosion.

Les sigles des métiers et des institutions

SSIAP (service de sécurité incendie et d’assistance à personnes) : le service chargé de la sécurité incendie dans un établissement. Par extension, le mot désigne aussi le diplôme des agents qui l’exercent.

APS (agent de prévention et de sécurité) : le métier d’agent de sécurité privée généraliste, distinct de la sécurité incendie.

SST (sauveteur secouriste du travail) : le salarié formé aux premiers secours en entreprise.

CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité) : l’organisme public qui encadre la profession et délivre les cartes professionnelles.

Apprendre ce vocabulaire avant de prendre un poste

Ces sigles reviennent dans les consignes, les registres et les échanges avec les pompiers. Vous les apprenez en formation, puis vous les maniez chaque jour en poste. Notre équipe de Montreuil (93) vous renseigne sur les prochaines sessions de la formation SSIAP 1.

Questions fréquentes

Quelles sont les 5 classes de feu ?

Selon l’INRS, les normes NF EN 2 distinguent cinq classes de feu. La classe A concerne les solides qui brûlent en formant des braises. La classe B vise les liquides et les solides qui fondent. La classe C vise les gaz, la classe D les métaux. La classe F concerne les huiles de cuisson.

Quelle est la différence entre une colonne sèche et une colonne humide ?

La colonne sèche reste vide d’eau. Les sapeurs-pompiers l’alimentent eux-mêmes au moment de l’intervention. La colonne humide est déjà en eau, grâce à une réserve, un surpresseur ou une pompe.

Que veut dire une alarme de type 4 ?

C’est le type d’équipement d’alarme le plus simple. Le règlement des ERP accepte tout dispositif sonore autonome, comme une cloche, un sifflet ou une trompe. Il ne comporte pas de temporisation.

Que signifie DAS en sécurité incendie ?

DAS signifie dispositif actionné de sécurité. C’est un équipement commandé lors d’une alarme, comme une porte coupe-feu, un clapet ou un volet de désenfumage. Le CMSI le commande dans les SSI les plus complets.

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